En ce 8 mars 2018, je me suis dit que ce serait une bonne idée de lire Les Monologues du vagin pour fêter la journée internationale des droits des femmes. Chaque fois que j’en entends parler, les éloges fusent. Il fallait bien que je me mette à la page et voie par moi-même si ce livre mérite en effet une telle apologie…

Le succès mondial de cette pièce de théâtre, écrite par Eve Ensler en 1996, s’impose de lui-même. Je me devais de lire ce qu’est devenu la bible des féministes du monde entier.

J’ai tout de même attendu 22 ans. J’imagine que c’est le temps qu’il m’a fallu pour comprendre que j’avais moi aussi un vagin ! Trêve de plaisanterie… Je me suis enfin décidée à ouvrir les yeux et à approfondir un peu plus ma culture féministe.

J’ai lu Les Monologues du vagin pour la journée internationale des droits des femmes

Dans cet article, je vais partager avec vous mes impressions sur cette pièce phare du féminisme, et me laisser aller à quelques réflexions plus ou moins pertinentes…

Les monologues du vagin, ça parle de quoi ?

Pour ceux qui vivent dans une grotte et qui n’ont jamais entendu parler des monologues du vagin, voici un flash info exclusif : ça parle de vagin ! Encore mieux, c’est le vagin qui parle ! Je n’ai jamais lu le mot vagin autant de fois que dans ce livre.

Dans ces monologues, l’auteure a interrogé près de 200 femmes de tous horizons sur leur histoire, leur vécu personnel, et plus précisément, leur relation avec leur vagin. Ce n’est pas chose aisée de parler de quelque chose d’aussi intime, surtout à quelqu’un que l’on ne connaît pas. Pourtant, ces femmes interrogées ont décidé de lui faire confiance et de partager avec elle leur expérience personnelle. Pour certaines, c’est une simple découverte du plaisir féminin ou la description d’un accouchement sans filtre – D’ailleurs, c’est décidé, je n’accoucherai pas par voie naturelle !!. Pour d’autres, c’est une souffrance passée, souvent encore présente, difficile à oublier.

Voici un extrait qui résume bien l’objectif de cette pièce de théâtre :

Je dis “vagin” parce que j’ai lu les statistiques. Partout les vagins subissent de mauvais traitements. Des centaines de milliers de femmes sont violées chaque année dans le monde. Cent millions de femmes ont subi des mutilations génitales. La liste est longue. Je dis “vagin” parce que je veux que cessent ces horreurs. Et je sais qu’elles ne cesseront pas tant que nous n’admettrons pas qu’elles existent. Et le seul moyen de le savoir, c’est de permettre aux femmes de parler sans peur d’être punies ou sanctionnées.

Mon avis sur Les Monologues du vagin

Je vais être honnête avec vous. À la lecture, j’ai été déçue. Je n’ai pas ri aux éclats ou été touchée comme je m’y attendais. En même temps, c’est toujours comme ça. Lorsque tout le monde encense un livre ou un film, on est forcément déçu.

Puis je me suis rappelée une chose : c’est une pièce de théâtre. Pour ressentir les émotions, elle doit être jouée, interprétée, vécue. N’ayant pas la possibilité d’aller voir la pièce directement, je devais donc me contenter de lire le livre en l’imaginant joué.

Même si, dans la forme, je n’ai pas été emportée par le livre comme j’aurais aimé l’être, le fond m’interpelle. Les portraits légers se mêlent aux histoires plus tristes. Alors que certaines découvrent l’orgasme, ou leurs premières règles, d’autres sont victimes de viol ou d’excision.

Le monologue qui m’a le plus marqué est celui qui retrace la vie d’une petite fille victime de viol à 10 ans par le meilleur ami de son père. Cette femme raconte avec une distance déconcertante qu’elle a longtemps considéré que son vagin lui portait malheur. Pourtant, à aucun moment, on ne tombe dans le pathos. L’émotion est pure et sincère. C’est terriblement déroutant et touchant à la fois.

Les Monologues du vagin, en pleine actualité

Ce livre nous permet de découvrir des parcours différents du monde entier. Il dénonce le tabou du vagin, le plaisir ignoré de la femme et surtout, les violences faites à leur encontre.

Les Monologues du vagin - De quoi je me mêle

L’affaire Weinstein et la boite de pandore

Ce que j’ai retenu de ce livre, c’est que la femme a un vagin, et elle ne devrait pas en avoir honte. Et c’est là le problème. Les femmes sont pleines de complexes, entourées d’hommes, avides de pouvoir, tellement sûrs qu’ils incarnent le sexe fort qu’ils n’hésitent pas à user de la force pour arriver à leurs fins.

Non, féministe radicale, sors de ce corps !!

Bien sûr que les hommes n’aident pas à la situation globale, mais c’est la société entière qui autorise ou laisse faire toutes ces discriminations et violences envers les femmes. C’est trop facile de jeter la faute sur la communauté masculine. Certains sont doux comme des agneaux, et sont même les victimes de femmes, ô combien, manipulatrices et sournoises…

Je suis féministe, mais je refuse toute suprématie de la femme. Même s’il est vrai que sur de nombreux certains points, la femme est bien plus compétente que l’homme 😜, la question n’est pas là. Tout citoyen, homme ou femme, devrait être traité sur un même pied d’égalité. Et malheureusement, lorsqu’il s’agit de violences conjugales ou sexuelles, la grande majorité des cas concerne les femmes…

Récemment, grâce à l’affaire Weinstein, les femmes se sont rendu compte qu’elles avaient une voix. Certes, cette voix n’est pas toujours très audible – En même temps, si elle part du vagin, le temps que ça arrive aux oreilles, le voyage est long ! -, mais elle est bien là ! Cette frénésie délationnaire a ouvert la boite de Pandore qui n’est pas prête de se refermer de sitôt. Les femmes sont enfin prêtes à se faire entendre.

Les femmes, toutes unies ?

Face à ce tsunami médiatique, une solidarité s’est mise en place pour s’unir contre les violences domestiques et sexuelles. Oui, mais voilà… On se rend compte que toutes les femmes ne sont pas écoutées de la même façon. Grâce à une interview dans Konbini news, nous avons pu découvrir Nikita Bellucci, une ex-actrice du X.

Cette jeune femme, qui a pourtant arrêté de travailler dans l’industrie pornographique depuis quelques années, est toujours victime de harcèlement dans la rue et sur les réseaux sociaux.

Elle raconte son calvaire et explique à quel point il est difficile pour les travailleuses du sexe de se faire entendre et respecter. Toute reconversion professionnelle est un parcours du combattant. Cette désillusion de la vie l’a même obligée à décider qu’elle n’aurait pas d’enfants pour éviter de leur imposer la souffrance qu’elle subit chaque jour.

L’hypocrisie ambiante qui règne autour du milieu du X n’est plus acceptable. C’est pourquoi elle a interpelé, à plusieurs reprises, Marlène Schiappa, la secrétaire d’état chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes (qui a d’ailleurs fait une lecture de notre chère pièce de théâtre hier soir à Paris avec deux ex-ministres, Roselyne Bachelot et Myriam El Khomeri). En effet, c’est bien de chercher l’égalité entre les femmes et les hommes, mais il faudrait qu’il y ait déjà à l’origine une égalité de traitement entre les femmes tout court… La société propose et consomme la pornographie, mais rejette ses acteurs. Du moins, ses actrices ; car les acteurs du X restent considérés comme des héros. Double injustice !

Un manque d’éducation sexuelle ?

Ce portrait, qui pourrait facilement être intégré aux Monologues du vagin, montre l’ignorance dont peuvent faire preuve les gens. D’ailleurs, Nikita explique que la plupart de ses harceleurs sont des jeunes adolescents.

Ce manque d’éducation sexuelle est également retranscrit dans le documentaire « Sexe sans consentement » de Blandine Grosjean et Delphine Dhilly, diffusé ce mardi 6 mars sur France 2. Il y dénonce les risques de cette culture du « non qui veut dire oui ». Des femmes se retrouvent à avoir une relation sexuelle non consentie avec un homme, qui n’a pourtant pas le profil d’un violeur, parce qu’elles n’ont pas su les arrêter malgré un NON, pourtant bien prononcé.

Beaucoup de pourtant, pour peu de réelle communication… Le chemin risque d’être encore long avant d’atteindre une réelle égalité entre les femmes et les hommes.

Face à ce constat, des fois je me dis que l’on devrait toutes être un peu plus Russe. Je me rappelle d’un voleur qui pensait s’en prendre à une petite coiffeuse sans défense. Finalement, pour se venger, c’est elle qui l’a séquestré pendant des jours et l’a violé en le droguant à dose de viagra. Quand on y pense, ce n’est pas très catholique tout ça, mais qu’est-ce que c’est jouissif ! Si je peux me permettre la métaphore : c’est le serpent qui se mord la queue.

Puis… je me souviens de la façon dont les femmes sont traitées en Russie, et je comprends que la femme qui a fait ça en 2011 était tout simplement une guerrière.

En résumé

Il faut le dire, depuis quelques mois, j’ai l’impression que c’est la journée des femmes tous les jours. Les femmes s’expriment, prennent la parole et dénoncent. Mais il ne faut pas tomber dans l’extrême. Soyons plus intelligentes que les hommes. Ne cherchons pas à les castrer, mais plutôt à les mettre à notre niveau, au même pied d’égalité.

Je viens tout juste de découvrir la reprise de Basique d’Orelsan par Le Meufisme, et elle résume très bien tout ce que j’ai dit dans cet article.

Pour en revenir aux Monologues du vagin, dès que j’en aurai la possibilité, j’irai voir cette pièce au théâtre pour apprécier le texte à sa juste valeur…

Et vous, sans vouloir me mêler de ce qui ne me regarde pas, vous avez vu/lu les monologues du vagin ? qu’en avez-vous pensé ?

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