Le dimanche 12 novembre, c’était le marathon d’Athènes. Vivant dans cette ville mythique, cela aurait été très regrettable de ne pas aller admirer les valeureux marathoniens transpirer, n’est-ce pas ?

Je ne peux m’imaginer une seule seconde faire les 42 km. D’une, je ne pense pas que mon corps et mon mental supporteraient un tel effort. De deux, je m’ennuie déjà beaucoup en courant 10 km, alors 42… Cela force donc mon admiration pour ces personnes qui se préparent pendant des mois au marathon, et pas n’importe lequel : le classique !

Mais ça se passe comment le marathon d’Athènes ?

J’ai fait ma petite enquête et voici mes impressions sur cette journée sportive mémorable.

D’où vient le marathon d’Athènes ?

On le dit classique, car c’est bien de la Grèce que l’idée du marathon est partie. On aime raconter que Philippidès, un messager grec, a couru 42 km de la ville de Marathon jusqu’à la capitale pour annoncer la victoire contre les Perses en 490 av. J.-C. Ce pauvre homme, arrivé à bout de souffle, serait mort d’épuisement. Juste pour annoncer la victoire grecque de la bataille de Marathon. Excusez-moi, mais il était vraiment obligé de courir ? Il n’y avait plus de pigeons voyageurs disponibles ? À quelques heures près, cela aurait-il changé le destin du pays ? Cette histoire m’interloque, mais cela remonte à trop loin pour m’en mêler… 😉

Stade panathenaique et lycabette - Marathon d'Athènes
Le stade panathénaïque devant le mont Lycabette

Toujours est-il que c’est un Français, Michel Bréal, qui a eu l’idée d’intégrer le marathon comme nouvelle discipline pour les premiers Jeux Olympiques à Athènes en 1896, dans le but de rendre hommage à ce cher messager, mort pour sa patrie. Depuis, chaque novembre, les coureurs envahissent la capitale le temps d’une journée festive et pleine d’entrain.

Une journée marathonienne accessible à tous

drapeaux grecs - Marathon d'Athènes
Les drapeaux grecs du stade panathénaïque

Cette journée est bien plus qu’une course. Les organisateurs l’ont bien compris, tout le monde ne peut pas courir 42,195 km, pour être exact. Ainsi, si vous faites partie de ces personnes-là, vous pouvez participer aux 5 et 10 km. Mais les places partent très très vite. C’est d’ailleurs pour cette raison que je n’ai pas pu courir cette année. J’ai raté le coche et lorsque la belle au bois dormant (c’est moi 😛 ) s’est réveillée, les inscriptions étaient déjà terminées. Résultat, je me suis reléguée au statut de simple spectatrice…

En plus des courses de base, Athènes propose également une course paralympique de 1200 m pour les personnes ayant un handicap, puis une course de 1200 m pour les enfants entre 9 et 12 ans.

Il y a eu au total plus de 51 000 participants, toutes courses confondues, au marathon d’Athènes 2017. Parmi eux, 18 500 (vrais) marathoniens, dont 815 Français…

Ma journée en tant que spectatrice très active

Dimanche, 6h30 du matin, je me lève et me demande sincèrement pourquoi je m’impose cette douleur. Allez, pas le temps de réfléchir, le 5 km commence à 7h45, il faut y aller.

En route vers l’événement

Marathon d'Athènes : Rues vides avant le départJ’habite près du centre, là où se déroule l’événement. Je décide donc d’y aller à pied. À cette heure-ci, Athènes a des allures de ville fantôme. L’avenue Vassilis Sofias, si active habituellement, est déserte. Les routes sont d’ailleurs fermées pour des raisons de sécurité. C’est par là que les coureurs vont passer plus tard. Sur la route, je ne suis pas seule. Les derniers préparatifs se finalisent et d’autres personnes vont dans la même direction que moi, le sac du marathon au dos, arpentant les rues vides d’Athènes avec enthousiasme. Plus je m’approche du parlement grec, plus l’animation s’intensifie. Cela crie et court de partout. Les coureurs du dimanche se mêlent aux coureurs plus expérimentés.

Départ du 5km du marathon d’Athènes

Les participants sont gagnés par une douce euphorie et je suis presque jalouse de ne pas pouvoir courir avec eux. Je cherche le meilleur angle possible pour filmer le départ de la première course de la journée. En principe, toutes les rambardes seraient déjà prises d’assaut. Mais à 7h40 du matin, il n’y a pas beaucoup de spectateurs pour supporter les coureurs.

départ 5 km - Marathon d'Athènes
Départ du 5 km

Je parviens donc à me faufiler facilement près de la ligne de départ. Le top est donné et les différents blocs s’en vont les uns après les autres. Le 5 km attire les coureurs de base, les familles, tout le monde. On voit même des poussettes partir. Évidemment pas toutes seules. Les parents sont là pour pousser bébé… Chacun contribue à sa façon à l’événement.

 

Un tour à Zappeion

Voyant que j’ai 15 min devant moi avant le départ du 10 km, je décide de me promener dans la zone de Zappeion pour voir ce qui s’y passe. C’est l’endroit charnière de l’événement. Là, que les participants laissent leur sac pendant la course, qu’ils retrouvent leurs amis, et qu’ils vont aux toilettes. C’est donc l’endroit stratégique à ne pas rater, et en plus il se trouve juste en face du jardin national. Il y a pire comme point de jonction, n’est-ce pas ?

Départ du 10km du marathon d’athènes

Il est 8h25, j’ai à peine fini de faire le tour qu’il est déjà temps de me diriger vers le départ du 10km. L’animateur, avec sa voix rocailleuse, a du courage en tout cas. Ce n’est pas facile de parler sans arrêt et c’est encore plus difficile de meubler les blancs en attendant le départ de la course. Mais il l’a fait. Le départ est enfin annoncé. Tout comme pour le 5 km, je suis déçue du manque de spectacle. Je m’attendais à plus de confettis. Ils les ont peut-être gardés pour le départ du marathon…

Et le marathon classique d’Athènes dans tout ça ?

D’ailleurs, j’écris cet article et je ne vous en ai pas encore vraiment parlé, du marathon d’Athènes. Pour ma défense, le départ se fait à 9h à Marathon. Vous vous rappelez de l’histoire de notre cher Philippidès ? Il est mort en courant de la ville de Marathon (d’où le nom de cette course légendaire) jusqu’à Athènes. Dans la logique des choses, les marathoniens vont reproduire le trajet que Philippidès a exécuté, en faisant en sorte toutefois que le final soit plus joyeux pour ses coureurs téméraires. Et comme je n’ai pas le pouvoir de télétransportation, je n’ai pas pu immortaliser le départ du 35ème marathon d’Athènes qui a lieu à Marathon.

De toute façon, le plus important, c’est de les voir arriver, non ? Et comme toute l’énergie de la journée se concentre sur le stade panathénaïque et ses environs (le parlement, Zappeion et le jardin national), autant errer dans cette zone comme je l’ai fait.

Le village des sponsors

Je regarde l’heure, il est 10h. Le gagnant du marathon n’arrive pas avant une heure. Après un petit tour au stade pour voir les derniers coureurs du 5 km arriver et les gagnants du 10 km, je décide d’aller faire un tour dans le village des sponsors. Et oui, pour que cet événement vive et perdure, il faut de l’argent. Tous les sponsvillage sponsor -marathon d'Athènesors et partenaires de l’organisation du marathon se sont donc regroupés en face du stade. Certains offrent des jeux avec des possibilités de gagner des voyages, d’autres des bananes. Chacun son truc. Je vous rassure, Veni, vidi mais pas vici. Je n’ai rien gagné, mais au moins j’ai tenté. Ce n’est pas le tout, je dois retourner au stade panathénaïque, qui date de 330 av. J.-C., soit dit en passant.

Dans l’attente du gagnant au stade panathénaïque

public du stade panathenaique - marathon d'Athènes

Le premier va bientôt arriver. C’est l’animateur qui nous le dit. Il fait en sorte de chauffer la foule, qui remplit un peu plus de la moitié du stade maintenant. Ce stade était recouvert de marbre à l’origine. C’est d’ailleurs pour cela que le quartier dans lequel il se trouve s’appelle Kallimarmaro (beau marbre en grec). Mais au Moyen-Âge, le marbre a disparu. Une autre interrogation à laquelle je ne pourrai pas répondre malheureusement. Une chose est sûre, même sans le marbre, le stade est impressionnant et peut accueillir jusqu’à 70 000 personnes.

Arrivée du trio gagnant

Le temps de cuire un œuf à la coque (3 minutes), Samuel Kalalei parcourt un kilomètre. C’est juste incroyable.

La foule est impatiente. Une énergie indescriptible s’anime progressivement dans le stade, en effervescence. Le premier gagnant, Samuel Kalalei pointe enfin le bout de son nez après 2h12’17’’ de course et le public se lève pour l’acclamer. C’est un Kenyan de 23 ans. Il a été très vite suivi par ses compatriotes, Milton Kiplag Roty (2h14’18’’) et Jonathan Kiptoo Yego (2h16’08’’). J’avoue, j’ai été déçue. Pas d’explosion de joie, ni de larmes ou de scène dramatique en s’agenouillant pour embrasser le sol. Ils doivent avoir l’habitude de gagner. Ce n’est peut-être pas dans leur personnalité d’exprimer leur joie non plus. Qui sait ?

Le premier Grec, Konstantinos Gkelaouzos, s’est bien battu et est arrivé au bout de 2h27’21’’ de course. Badane Bedaru Hirpa, la première femme et jeune Éthiopienne, est arrivée à peine 7 minutes après (2h34’18’). Le premier Français, quant à lui, est arrivé 68ème du marathon (2h54min). Sur 18500 participants, c’est plus qu’honorable. Ce qui me chagrine, c’est que seulement 3000 femmes ont tenté l’expérience. Mais où sont les femmes ?

Admirative

Bravo à tous les participants, et pas seulement à ceux qui sont montés sur le podium. Je vous avoue que mon admiration se dirige surtout vers ceux qui ont galéré, ceux dont ce n’est pas le travail de courir tous les jours. Et pourtant, ils s’imposent un rythme de vie effréné pendant plusieurs mois, bercé entre leur travail, leur vie sociale (s’ils parviennent à la conserver), leur entraînement quotidien et toutes les restrictions qui s’ensuivent. Pas de sucre ou de fast-food, ni d’alcool ; du moins une hygiène de vie plus saine que l’on devrait tous suivre d’ailleurs. Ils doivent préparer leur corps et leur mental à une souffrance inévitable sans savoir si, le jour J, ils pourront vraiment aller jusqu’au bout ou si leur corps va les lâcher.

Lorsqu’ils atteignent la ligne d’arrivée, c’est un sentiment de plénitude totale qui doit les envahir. Qu’ils aient mis 4, 5, 6 voire 7 heures à finir le marathon d’Athènes, ce n’est pas grave. Ils en ont bavé, ils ont dû vouloir abandonner à plusieurs reprises pendant la course, mais ils se sont imposés cette galère pour se prouver quelque chose, et ils ont tenu bon. Le dernier a mis plus de 8 heures. Vous imaginez ? Si ce n’est pas de l’acharnement, je ne sais pas ce que c’est.

J’ai des frissons rien qu’à les regarder franchir la ligne d’arrivée. Certains pleurent, d’autres dansent, ou trouvent la force (de je ne sais où) pour un dernier sprint, d’autres encore ont besoin d’aide pour terminer la course. Cette persévérance est un bel hommage à Philippidès finalement.

En résumé

Voilà, cette journée a été pleine d’émotion et de sueur. Je n’ai pas chômé, l’application Santé de mon téléphone portable indique même que ce jour-là j’ai effectué plus de 18 000 pas, soit près de 13km. Qu’on ne me dise pas que je n’ai pas donné de ma personne au marathon d’Athènes !

Je ne suis pas restée jusqu’à la fin mais le cœur y était. Je suis rentrée chez moi avec des étoiles dans les yeux, rêvant bêtement qu’un jour peut-être je ferai le marathon moi aussi. Après mon expérience au triathlon, je devrais penser à y aller progressivement avec une bonne préparation physique. Pourquoi ne pas tenter d’abord le semi-marathon en mars 2018 ? À voir…

Et vous ? Sans vouloir me mêler de ce qui ne me regarde pas, avez-vous déjà fait un marathon ? Avez-vous déjà assisté à un marathon ? Qu’en avez-vous pensé ?

Rendez-vous sur Hellocoton !

2 Commentaires

  1. C’est vrai que même sans y participer, on peut tout de même apprécier la journée à regarder les athlètes arriver. Les voir atteindre l’objectif qu’ils se sont donné quelques mois auparavant est une source d’inspiration pour moi.

  2. Je ne suis pas ce que l’on appelle une férue de sport, mais j’ai été séduite par ce billet. Je pourrais qualifier ce marathon de grand spectacle. Tu as de la chance d’avoir pu y assister.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here